đź’ż RCQDRab – les albums du mois d’avril 2020


YL – Vaillants

Un an après la sortie de son double album Nyx et Érèbe/Æther et Héméra, YL avait commencé à teaser la sortie de son prochain projet avec la série de freestyles Larlar, mais confinement oblige, le marseillais a dû reporter la sortie du-dit album.
De là est née la mixtape “Vaillants”, véritable cadeau fait par l’artiste à son public, pour et en partie par ses fans puisque ces derniers ont pu participer à la direction artistique au fil des lives instagram (voilà ce qui s’appelle rentabiliser son temps), YL nous offre une mixtape 12 titres de fort bonne qualité, pour patienter donc.
Une opération bénéfique pour tout le monde puisque le MC s’est fait plaisir en réalisant un projet complètement solo, a renforcé le lien avec son public via les lives et occupé le terrain en sortant sa tape au milieu d’un mois creux. Pour l’auditeur, même constat, on est heureux d’entendre YL sur un projet plus “léger” qu’un véritable album, avec le lâcher-prise que le format mixtape autorise. Pour le reste, le MC donne ce qu’il sait faire : son authenticité, son amour du rap et ses tripes. La sincérité dans l’interprétation nous prend dès l’entrée avec Beretta et nous accompagne tout au long des douze titres. Les références et autres dédicaces sont disséminées avec justesse pour ne pas alourdir un potentiel auditeur non aguerri mais on est toujours contents d’entendre un MC se décrire en “Roi sans couronne à la Nessbeal” ou dire qu’il a “monté mon label comme Nordine”.
Contrat 100% rempli et verre à moitié plein, le confinement aura au moins eu quelques conséquences positives.

Vaillants est disponible ici.

Greg


Ron Brice – PĂ©digrĂ©e des grands

« Imagine Ill en 97 dans un style libre » et tu obtiendras la vision de ce jeu par Ron Brice : la prod, une voix claire, du kick et la magie opère. Jeune vĂ©tĂ©ran mature, le “bnome” Ă  l’art et la manière, il ne brille pas par ses artifices mais par son style Ă©purĂ© et sa science du placement. Également producteur il aime malmener l’instru avec souplesse, rapper la rue sur des kicks et snares rĂ©guliers comme des coups de semonce. Rapper la rue avec luciditĂ©, en n’oubliant pas de dire que cette dernière n’a que peu Ă  offrir. MĂŞme s’il s’agit d’être large, rien de fictionnel dans ses textes, le vĂ©cu pour seul inspiration, qu’il s’agisse de l’enfance, l’adolescence ou l’âge adulte Ron connaĂ®t “l’histoire de l’eau qui remplace le lait dans la tasse” et dans son univers musical on passe facilement du tabassage d’instru entertainant Ă  la vĂ©ritĂ© nue.
Sur cet EP 8 titres, si Ron réalise la majorité des prods, on retrouve également Just Music Beats dont on vous avait parlé lors de la sortie de “Chambre noire” de Perso et les membres de son écurie Ouz’one et Stanza.
Ron est au rap français ce que Karlito est à la Mafia K’1 Fry : le secret le mieux gardé.
Il n’en demeure pas moins qu’il a le pédigrée des grands et s’il fait ça depuis longtemps, il a trouvé ces dernières années son rythme de croisière. Si vous appréciez ce projet, l’on vous conseillera également l’EP “Blacklist” sorti en 2018 et la rétrospective “Reality tape” qui couvre 5 ans de rap du bnome de 2005 a 2010. Respecte le statut…
(Et bordel quelle cover !)

Pédigrée des grands est disponible ici.

Élie


L’uZine – Jusqu’à la vie

On avait déjà évoqué Cenza lors de notre émission spéciale Montreuil en février 2019, ce mois-ci c’est au sein de l’hydre à quatre têtes L’uZine qu’il fait son retour. Cette métaphore éculée aura rarement aussi bien collé à un groupe tant l’esprit de corps et d’unité est présent au sein du collectif montreuillois. C’est avec le 18 titres “Jusqu’à la vie” que les quatre MC TonyToxik, Tonio le vakeso, Souffrance et Cenza reviennent, six ans après leur dernier projet de groupe et une multitude de projets solos.
Au menu donc, du rap sombre et brut d’un groupe de charbonneurs passionnĂ©s, heureux dans la marge et dĂ©terminĂ©s Ă  pousser la pratique de leur art avec un sĂ©rieux professionnel. Les morceaux s’enchaĂ®nent et si l’univers de L’uZine est plutĂ´t sombre, “Jusqu’à la vie” contient Ă©galement des respirations plus lĂ©gères (mention spĂ©ciale Ă  “ChassĂ© dans la porte”), qui permettent de passer un bon moment tout au long de ces 18 titres.
La sortie de l’album s’est vue accompagnée du documentaire “Entre dans la secte”, une immersion de 10 épisodes au sein du collectif, entre anecdotes, argot montreuillois et histoire avec leur ville d’origine, le documentaire est une preuve de plus, s’il en était encore besoin, qu’on a ici affaire à un groupe de passionnés animés d’une détermination et d’une confiance en eux rare.

La discographie de L’uZine est disponible ici.

Greg


NumĂ©ro 10 – Mille feuilles

Si l’on avait découvert Numéro 10 avec son projet “À emporter” sorti l’année dernière, c’est véritablement avec “Mille feuilles” que l’on a pu mieux approcher et apprécier sa musique a sa juste valeur. Rappeur quasi trentenaire, Numéro 10 fume sa vie par les deux bouts, la tête à l’envers depuis que la terre est ronde, mélange de sel, de miel et de verre pilé, beaucoup trop fier pour faire semblant, il rappe avec ses tripes, la vie et le dégoût qu’elle lui inspire. Basé à Sèvres, son rap ne s’envisage qu’entre haine et kickage énervé, comme marteau et enclume, vécu et poésie crue. Ce mille feuilles nous entraîne dans les méandres de sa réflexion, le coeur dans les chaussettes, le sang qui boue comme la planète, enchevêtrement de mots et de pensées déconstruites. S’il est dit que le chaos a besoin d’harmonie le succès de ce projet réside dans l’équilibre entre trash talk et belles prods. “Pas de SACEM, pas de DA” mais zéro faux pas tout au long de ce 11 titres concocté majoritairement par Max LBC où l’on retrouve également Saudadbeatz et Ozcar Zulu.
La réussite n’est qu’un gros mot et même si dans ses cauchemars il voulait percer, “Numéro 10 comme Van Persie”, il y a peu de chances que ça arrive, souhaitons néanmoins que ce projet trouve son public car il le mérite et si le cœur vous en dit il a une édition cd de l’album et du merch !

Mille feuilles et son merch sont disponibles ici.

Élie


CatĂ©gorie « Y’en a un peu plus, j’vous le mets quand mĂŞme ? »

On rĂ©pète Ă  l’envi que le rap traverse une pĂ©riode faste, et c’est vrai, l’inconvĂ©nient c’est qu’on ne peut pas chroniquer tous ceux dont on aimerait vous parler, donc ce mois-ci dans la catĂ©gorie « Eux aussi il faut aller les Ă©couter » les nommĂ©s sont :
Veerus avec l’excellent EP « Monark » et Zuukou Mayzie dans « Primera temporada« .


Élie est devenu cinéphile mais reste le meilleur commentateur du Harry Potter game : @SoldatSansJoie

Greg est Ă©galement devenu semi-cinĂ©phile mais prĂ©fère gĂ©nĂ©ralement parler de Sameer Ahmad, qu’on l’y ait invitĂ© ou non : @BigCountryRicer

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